Bénabar dans Cosmopolitan

Publié le par Miss Plum

Dans la rubrique "30 minutes pour séduire" du Cosmo de décembre 2004..

Bénabar est l'homme qui chante "Y'a une fille qu'habite chez moi". Et pourquoi c'est pas moi ?


"Emballe Bénabar!!" m'a ordonné, napoléonienne ma rédac'chef. "Les doigts dans le nez" ai-je répondu, la main sur le téléphone, prête à prendre RDV avec le chanteur surdoué. Sauf qu'on a intérêt à retirer les doigts de son nez lorsqu'on veut séduire Bruno "Bénabar", 35 ans, à une terrasse de bistro battue par les vents (il aime la mer du Nord) du 20eme arrondissement (il y habite). Car l'auteur de "Je suis de celles", étonnante chanson sur les Marie-couche-toi-là de lycée n'aime pas trop les mauvaises manières. Il apprécie plutôt les filles "douces, gentilles". "La gentillesse m'excite plus qu'un string", dit-il en attaquant mâlement un croque-monsieur, même s'il trouve aussi "érotiques" les filles"très bien roulées" (sans blague?). Il tempère “: Mais je n'ai jamais été dragueur. Avec les femmes, je suis intimidé. C'est parfois plus facile de parler à 1000 qu'à une personne." N'étant pas spécialement gentille (mais très bien roulée, qu'est-ce vous croyez?), et mes 999 copines n'ayant pu se déplacer, je renonce à tenter de le séduire, mais essaie de le détendre à coups de questions auxquelles il a la bonne grâce de rire. Il est sympa, B. même si le costard sombre qu'il porte pour donner du chien à un physique passe-partout lui donne l'air guindé d'un cadre stressé. "J'aurais bien aimé être super beau, avoue-t-il. Le genre qui entre dans une pièce et les filles se mettent à bégayer. Y'a des mecs qui ont de la chance: pour séduire, ils ont juste besoin de retirer leur chemise. Moi, il faut que je fasse trois albums, deux Zénith et huit cents concerts. C'est un peu plus laborieux. Mais au moins, il y a du mérite."



Bénabar croit aussi à la gauche, et nous aussi, du coup

Le mérite, la sincérité, le goût de l'effort et du travail bien fait sont les valeurs désuètes que cet auteur-compositeur-interprète de talent représente dans un monde (le show-biz) qui défend tout le contraire : les extensions capillaires, les refrains vite torchés, "la Chupetta". Bénabar a un enthousiasme communicatif. Il croit encore à la gauche- du coup, moi aussi-, fréquente Michel Delpech, "l'emblème d'une variété populaire et exigeante" -je fredonne "les Divorcés"-, déteste Pascal Obispo -je m'apprête à plaider pour "Savoir aimer", mais me ravise de justesse-, s'emballe pour les carreaux émaillés du métro dont il a décoré sa salle de bains (là, non, stop, je reprends mes esprits). B. vient d'être papa, de s'acheter un appartement, et convoite "un plus grand écran plat" comme tout bobo qui se respecte. " Ma copine ne veut pas, elle trouve que ça fait nouveau riche." Eh oui, sa copine, comme son public, qui le reconnaît modérément dans la rue ("Je suis hyper déçu" dit-il) a raison : Bénabar doit rester dans la vie réelle, pour continuer à peindre de main de maître ses ironiques vignettes musicales qui collent à l'époque avec tant de justesse.


Parfois, Bénabar aimerait être Greta Garbo


Pourtant, je flaire chez Bénabar une faille. Ce "déprimé joyeux" qui n'aime pas les postures de chanteur malheureux" se verrait bien parfois en star inaccessible derrière ses lunettes noires. "Le genre qui s'enferme une semaine avec des litres de whisky et un piano dans son bureau pour créer." Dans ces cas-là, il se réfrène, "ça pourrait être dangereux", et va s'injecter un " Vidéo gag", sa drogue favorite.
Mais Bruno regarde l'heure : il doit partir. Mission accomplie : je l'ai tellement détendu qu'il accepte sans façon que je règle l'addition. Cool.

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Publié dans Articles-Presse

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